Un mariage dans la noblesse en 1727

Marchal de Salm, mardi 21 novembre 2006 - 23:00:00

Un mariage dans la noblesse en 1727




Copie d’un contrat passé par devant THIRIET, tabellion à Lunéville
(A.D. 54 cote 8 E 2).



"Traité de mariage du cinq décembre 1727 à Lunéville avant midi. Pardevant le tabellion général au duché de Lorraine résidant à Lunéville soussigné, présents les témoins en bas nommés, et de l’aveu, consentement, agrément et assistance de très haut, très puissant et très excellent prince Son Altesse Royale Léopold par la grâce de Dieu, duc de Lorraine, de Bar, de Montferrat et de Teschen, roi de Jérusalem, marchis, duc de Calabre et de Gueldre, marquis de Pont à Mousson et de Nomeny, comte de Provence, Vaudémont, Blâmont, Zutphen, Sarwerden, Salm, Falkenstein, prince souverain d’Arches et de Charleville, etc. notre souverain seigneur, de très haute, très puissante et très excellente princesse Son Altesse Royale Madame, Madame Elizabeth Charlotte d’ORLÉANS par la même grâce de Dieu, duchesse de Lorraine et de Bar, notre dame et souveraine, de très haut, très puissant et très excellent prince Charles de LORRAINE leur fils cadet, de très haute, très puissante et très excellente princesse Elizabeth Théresse de LORRAINE fille aînée de Leurs Altesses Royales, de très haute, très puissante et très excellente princesse Anne Charlotte de LORRAINE leur fille cadette, Sont comparus en personnes, messire Nicolas François HENNEQUIN, chevalier, comte de Curel, conseiller d’état, premier chambellan de S.A.R. et grand louvetier de Lorraine et Barrois, homme veuf de défunte dame Elizabeth LE PRUDHOMME de VITRIMONT et fils de feu messire Ferdinand HENNEQUIN, lorsqu’il vivait, lieutenant des chevaux légers de la garde de Sadite A.R. et de dame Madame Catherine Georgette de LA HAŸE, comtesse de Gelnoncourt demeurant ordinairement en son château d’Adomesnil ses père et mère, assisté de ladite dame sa mère, de très haut, très puissant et très illustre prince Emmanuel Maurice de LORRAINE, prince d’Elbeuf, de très haut, très puissant et très illustre prince Jacques Henry de LORRAINE, prince de Lixin, grand-maître de l’hôtel de S.A.R., de très haut et très puissant seigneur Marc de BEAUVAU, prince du Saint-Empire, Grand d’Espagne de la première classe, marquis de Haroué, comte de Gournay, seigneur de la terre libre, franche et immédiate de Mulhauzen sur le Nègre, baron des baronnies d’Autrey de Saint-George de Turquestein et de Ville Issey et autre lieux conseiller d’état de S.A.R. et grand écuyer de Lorraine, de très haute et très puissante dame Marguerite de LIGNEVILLE, princesse de Craon, de messire Nicolas François Gabriel HENNEQUIN, comte de Gelnoncourt, chambellan de S.A.R., fils du comparant, de messire Ferdinand, marquis de LUNATY, Visonty et de Froüart colonel de la garde suivie de Sadite A.R., de la dame Louise de VILLELUME du BASTIMENT, veuve de messire François LE PRUDHOMME, chevalier, comte de Fontenoy, lorsqu’il vivait conseiller d’état et premier maître d’hôtel de S.A.R. sa belle-sœur, de messire Charles LE PRUDHOMME, chevalier, comte de Fontenoy, capitaine de cavalerie pour le service du Roi Très Chrétien son neveu, de messire Pierre George LE PRUDHOMME, chevalier, comte de Vitrimont, chambellan de S.A.R. et de la dame Constance Françoise, comtesse des ARMOISES, épouse dudit sieur de Vitrimont, tous parents et amis dudit comparant d’une part, Et demoiselle Catherine Elizabeth de RONCOURT fille de messire Charles François de RONCOURT, chevalier, conseiller d’état, sénéchal de Lorraine et Barrois et de défunte dame … LEBLANC ses père et mère assistée dudit sieur son père et de son consentement et du sieur François LEBLANC, chevalier, seigneur du Buisson son oncle maternel, du sieur Claude LEBLANC, chevalier, seigneur de Marnaval demeurant ès dit lieu en Champagne et demoiselle Marie Anne DUVAL de SERAUCOURT, comtesse de Romain, sa cousine germaine demeurant audit Romain et de demoiselle Marie Joseph d’OURCHES de VIDEMPIN, dame d’Outremécourt sa cousine paternelle d’autre part, Lesquelles parties ont dit et déclaré que pour parvenir au mariage à faire entre elles, elles sont convenues des articles, clauses et conditions suivantes savoir Que lesdits sieur de CUREL et demoiselle de RONCOURT ont promis de se prendre pour mari et épouse en face de notre mère la sainte Eglise le plus tôt que faire se pourra, et qu’il sera avisé et délibéré entre eux. Que les futurs conjoints sont et seront uns et communs en tous biens meubles, acquêts et conquêts qu’ils ont et feront pendant et constant ledit mariage.
Que ledit sieur de RONCOURT marie la demoiselle sa fille avec les droits à elle échus et tels qu’ils sont insérés dans l’acte signé de lui et des futurs conjoints daté du vingt-six novembre dernier lequel demeure joint et annexé à la minute des présentes. Qu’en faveur dudit mariage ledit sieur de RONCOURT promet de donner et délivrer pour dot à la demoiselle sa fille, la somme de vingt mille écus, faisant soixante mille livres tournois, savoir trente mille livres dans trois mois du jour de la célébration du mariage, dont dix mille livres sont dues par le sieur LEBLANC du BUISSON et contenues dans ledit état joint à la minute des présentes, et les autres trente mille livres, trois mois après le premier paiement, ou tout au plus tard dans le courant de l’année, laquelle somme de soixante mille livres entrera en communauté. Donne en outre ledit sieur de RONCOURT à ladite demoiselle sa fille les terres et seigneuries d’Aingeville, Suriauville et Malaincourt et les droits en dépendant ainsi et de même qu’il les possède à présent et sans aucune réserve, et la moitié de tous ses meubles.
Que le futur époux se marie dans tous les droits à lui échus, et au par delà, ladite dame de LA HAYE, comtesse de Gelnoncourt sa mère, lui fait don en faveur dudit mariage de la part qu’elle a, et qui lui appartient en la baronnie de Frenel ses appartenances et dépendances avec aussi sa part en la maison située à Nancy et tous les meubles, voulant en outre que ledit sieur comte de CUREL, son fils hérite après son décès de tous les meubles et choses réputés tels qu’elle a, et qu’elle aura au point de son décès dans le lieu d’Adomesnil ainsi que des deux mille écus qu’elle s’était réservé sur ladite terre pour jouir seulement du tout après sondit décès.
Chacun des conjoints paiera ses dettes contractées avant la célébration du futur mariage sur ses biens propres.
Douaire ayant lieu, la future épouse aura pour douaire préfix et limité s’il n’y a enfant procréé dudit mariage, la somme de trois mille livres de rente, rachetable de trente mille livres et s’il y a enfant, elle n’aura que deux mille livres de rente rachetable de vingt mille livres. Dissolution du mariage arrivante, si la future survit, elle prendra par préciput et avant partage ses habits, bagues, joyaux et linges à son usage, jusqu’à la concurrence de dix mille livres si mieux elle n’aime prendre ladite somme de dix mille livres en argent. Et si c’est le futur époux il prendra pareillement par préciput et avant partage des habits linges à son usage, armes et chevaux jusqu’à la concurrence d’une pareille somme de dix mille livres, si mieux il n’aime aussi prendre lesdits dix mille livres en argent. Outre ce ladite future épouse survivant prendra encore par préciput sa toilette, sa chambre garnie, un carrosse et les chevaux. Elle aura de plus son habitation dans une des maisons du futur époux telle qu’elle la voudra choisir.
La communauté se partagera entre le survivant et les héritiers du prémourant. La dissolution dudit mariage étant arrivée, il sera permis à la future épouse si elle survit, et à ses enfants seulement de renoncer à la communauté, et en faisant cette renonciation, elle reprendra tout ce qu’elle apporte en mariage à l’exception de ce qui sera entré en ladite communauté.
Et au surplus les futurs conjoints s’en rapportent aux dispositions de la coutume générale de Lorraine des usages, lois et ordonnances du pays, auxquelles ils se sont soumis et renoncés à toutes autres pour l’exécution des présentes. Promettant les parties chacune à son égard d’effectuer de bonne foi les clauses et conditions contenues ci-dessus et de les garder, observer, maintenir et accomplir sans y contrevenir directement ni indirectement et sont joints à la minute desdites présentes par des actes séparés les ratifications des personnes y dénommées absentes, obligeant et renonçant etc.
Fait et passé au château de Lunéville le cinquième du mois de décembre mil sept cent vingt-sept avant midi, en présence du sieur Pierre PIERROT, conseiller secrétaire des commandements et finances de S.A.R. et premier commis de sa chancellerie et du sieur Jean Frédéric GUIRE aussi conseiller secrétaire des commandements et finances et commis en ladite chancellerie, témoins requis qui ont signé avec les parties et assistants après lecture faite.\" Signatures de : Léopold, Elisabeth Charlotte, Charles de LORRAINE, Elizabeth Thérèse de LORRAINE, le prince d’ELBEUF, le prince de CRAON, A.M. LIGNIVILLE de CRAON, comte de CUREL, de RONCOURT, C.G. de LA HAYE de GELLENONCOURT, VITRIMONT, PIERROT, GUIRE, THIRIET L’épouse a oublié de signer le contrat, mais l’état des biens du 26 novembre, qui n’apporte rien de plus, car il est une espèce d’esquisse, porte les trois signatures suivantes :

Comte de CUREL,
Elisabeth Catherine
RONCOUR, de RONCOURT.


Il s’agit d’un mariage de convenance dont il naîtra quatre enfants.
L’époux est né en 1662 et son fils du premier lit en 1694, l’épouse est née en 1709 et son père en 1660. Les parents de l’épouse s’étaient mariés en juin 1693 et le premier mariage de l’époux a été conclu en avril 1693.
L’époux et le père de l’épouse exerçaient simultanément leurs charges à la cour de Lunéville.



Eric Marchal de Salm



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